
Se plaindre ou voir le verre Ă moitiĂ© vide est un rĂ©flexe humain ⊠il ne faut pas en avoir honte. C’est tout Ă fait normal ! âïž
C’est simplement une façon dâexprimer sa peine, sa souffrance, son mĂ©contentement. On manifeste ainsi nos petites tracasseries du quotidien, notre mal-ĂȘtre. Si exprimer ses Ă©motions nĂ©gatives nâest pas une mauvaise chose en soi, sâenliser dans cette attitude peut sâavĂ©rer nĂ©faste pour notre santĂ©.
Qu’en penses-tu ?
Ci-dessous un texte-invitation Ă la rĂ©flexion âŠ
» Hier je me suis rĂ©veillĂ© tĂŽtâ°ïž. J’Ă©tais dans un lit bien chaud, sous des draps propresđ. Je me suis levĂ© et mes jambes me portaient. Elles obĂ©issaient au moindre de mes dĂ©sirs. Elles m’ont emmenĂ© dans la salle de bains. J’ai ouvert le robinet et j’ai adorĂ© cette eau propre qui coulait en abondanceđż.
âŠ
Je suis entrĂ© dans la cabine de douche et j’ai fermĂ© la porte vitrĂ©eđ. Ce petit espace clos embaumait le savonđ§Œ.
J’ai adorĂ© sentir l’eau chaude sur mon corps, un bon moment. Il n’y a pas de mots pour dĂ©crire cette sensation. Une serviette moelleuse m’attendait sur le radiateur. Je me suis enveloppĂ©.
âŠ
Un vrai luxe. J’ai choisi les vĂȘtements que j’allais porterđ§Šđđ. Il y en avait d’autres dans l’armoire, j’ai pu choisirđđ©łđ§„.
âŠ
J’ai ouvert le frigo. LĂ aussi, que de choixđ„đ„đ!
J’ai prĂ©parĂ© mon petit dĂ©jeuner, j’ai pressĂ© trois belles đđđ. Je me suis rĂ©galĂ© de ce jus sucrĂ© jusqu’Ă la derniĂšre goutte.
Je me suis ensuite prĂ©parĂ© Ă sortir et j’ai fermĂ© la porte. Cette porte ne s’ouvrira qu’Ă mon retour, avec ma đ Ă moi. Comme par magie. Aucune autre clef ne peut l’ouvrir.
Cette fois mes jambes m’ont emmenĂ© jusqu’Ă la đ.Exactement lĂ oĂč je voulais.
J’ai une voiture rien qu’Ă moi, qui ne s’ouvre qu’avec ma clef, elle aussi. Le moteur a dĂ©marrĂ© facilement. J’ai choisi de ne pas allumer l’autoradio đ.
âŠ
Le midi j’ai fait une pause, je suis entrĂ© dans un snack et j’ai commandĂ© une saladeđ„.
En attendant qu’on me l’apporte, j’ai regardĂ© le spectacle de la rue. J’ai vu des visages joyeux đet d’autres moinsâčïž. J’ai vu des gens pressĂ©s et d’autres qui flĂąnaient. Partout j’ai vu des choses. Je voyais des couleursđ.
Ma salade n’a pas tardĂ© Ă arriver. On me l’a servie dans un grand bol propre, plein de laitue, de dĂ©licieux croĂ»tons, avec du fromage fraĂźchement rĂąpĂ© et du poulet chaud. Elle coĂ»tait 5âŹ. Et j’avais 5âŹđ°.
J’ai aussi un tĂ©lĂ©phone portableđ±. J’ai envoyĂ© des messagesđš, je me suis connectĂ© Ă internetđ§, j’ai lu les nouvelles. Facebook m’a rappelĂ© l’anniversaire d’un bon amiđ. Je l’ai appelĂ©, ça faisait drĂŽlement longtemps. Ăa nous a fait plaisir Ă tous les deuxđ«.
Le soir je suis rentré chez moi.
Mes yeux continuaient de voir, mes jambes continuaient de me porter, mes mains m’obĂ©issaient. Je vis dans un pays baignĂ© de soleilđ. Un pays en paix. Je sais que demain ma maison sera toujours Ă sa placeđĄ. Elle n’aura pas Ă©tĂ© dĂ©truite Ă nĂ©ant par une bombe perdue. Dans mon pays nous avons mĂȘme la dĂ©mocratie. Je peux dire ce que je veux, oĂč je veux et quand je veux. Je peux ĂȘtre dehors Ă 22h. Je peux aller courir đ, je peux regarder la tĂ©lĂ©visionđș, je peux lire đ, je peux buller.
Je peux avoir un ami ou rester seul. Je peux sourire, je peux faire ce que je veux. C’est moi qui choisis.
J’ai ouvert la porte de ma maison⊠mon lit douillet et mes draps propres Ă©taient lĂ oĂč je les avaient laissĂ©s.
Hier, je n’ai pas rĂ©glĂ© les problĂšmes de ma vie. Hier, la question du deuxiĂšme mĂ©morandum n’a pas Ă©tĂ© rĂ©solue, celle du conflit chypriote non plus. Mais c’Ă©tait une belle journĂ©eâšïž
Et je parie que demain aussi mes jambes céderont à tous mes caprices.
Peut-ĂȘtre que finalement tout va bien ?! «
Stefanos Xenakis
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